Artisans du bâtiment
Relancer une facture impayée quand on est artisan
Un artisan n’a pas un problème d’impayés, il en a trois, et ils n’arrivent pas au même moment du chantier. L’acompte qui ne part pas, la situation intermédiaire contestée, le solde et la retenue de garantie qu’on oublie de réclamer un an plus tard.
Et une difficulté que les autres métiers n’ont pas : vous facturez des professionnels et des particuliers, et vous n’avez pas le droit de leur réclamer la même chose.
Les trois moments où l’argent se bloque
Avant le chantier
L’acompte qui n’arrive pas
Le devis est signé, la date est bloquée dans votre planning, et l’acompte n’est toujours pas là. Vous hésitez entre commencer quand même et perdre la semaine.
Un rappel daté, envoyé le lendemain de l’échéance prévue, règle la plupart des cas : l’acompte est rarement refusé, il est oublié. C’est le moment où relancer coûte le moins à la relation, parce que rien n’a encore été fait de travers.
Pendant le chantier
La situation intermédiaire contestée
Vous facturez l’avancement, le client trouve que ça avance moins vite que la facture. Le paiement s’arrête, le chantier continue, et votre trésorerie avance les matériaux.
Une contestation doit suspendre la relance, pas la durcir : un rappel automatique envoyé sur un litige ouvert transforme un désaccord en conflit. Ce qui compte à ce stade, c’est la trace écrite de ce qui a été dit et quand.
Après la réception
Le solde, et la retenue de garantie
Le chantier est réceptionné, le solde traîne, et 5 % restent retenus au titre de la garantie. Un an plus tard, personne ne s’en souvient — sauf vous, et souvent trop tard.
La retenue de garantie n’est pas un impayé, c’est une créance à échéance différée. Elle se suit comme telle : une date, un rappel à cette date, et le dossier se rouvre tout seul au bon moment.
Ce que vous pouvez réclamer, et à qui
C’est la confusion qui coûte le plus cher au métier. Les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € prévue par l’article L441-10 du Code de commerce ne valent qu’entre professionnels. Les réclamer à un particulier, c’est demander une somme qui n’est pas due.
La retenue de garantie n’est pas un impayé
Jusqu’à 5 % du marché peuvent être retenus à la réception, au titre de la loi du 16 juillet 1971 sur la retenue de garantie. Cette somme vous revient à l’expiration du délai de garantie de parfait achèvement, si aucune réserve n’a été formulée. Elle n’est pas en retard : elle est à échéance différée.
La différence compte, parce qu’elle change le traitement. Une retenue de garantie relancée comme un impayé crée un conflit inutile avec un client qui n’a rien fait de mal. Suivie comme une échéance, elle se rappelle toute seule à la bonne date — et c’est souvent la seule somme qu’un artisan oublie vraiment de réclamer.
Ce qu’encaisse fait à votre place
encaisse relance vos factures échues en votre nom, par courriel, message texte et lettre recommandée. Vous indiquez à l’import si le client est un professionnel ou un particulier, et le barème suit tout seul : aucune pénalité ni indemnité de 40 € n’est jamais réclamée à un particulier.
Une facture contestée suspend ses relances au lieu de les durcir, et chaque envoi est horodaté : si le dossier part au tribunal un jour, la preuve s’est constituée sans que vous y pensiez.
Pour aller plus loin
- Calculer les pénalités de retard sur une facture impayée — le montant exact, avec le taux du semestre.
- Rédiger une mise en demeure — quand passer de la relance à l’acte qui engage.
- Modèles de lettre de relance — trois tons, du plus doux au plus ferme.